Chronique de Queen's Park

Parmi les nombreux traits que mes amis des Premières Nations ont, je dirais sans hésiter que l'honneur et le respect qu'ils portent à leurs aînés sont ce que j'admire le plus. Dans les collectivités des Premières nations, les aînés peuvent détenir un pouvoir important. Ils sont vénérés pour leur capacité à transmettre peu à peu leur expérience et leur culture aux jeunes générations. Traditionnellement, les aînés sont ceux qui dirigent leur communauté et ils sont vénérés pour les connaissances, la sagesse et le leadership qu'ils transmettent.


Autant que les Canadiens en général aiment penser que nous avons le même honneur et le même respect pour nos aînés, en vérité, nous ne faisons pas assez pour le montrer. Pensez à cette statistique: ici au Canada, plus de 7800 personnes sont décédées de la COVID-19, ce qui est bien sûr terrible. Mais ce qui est absolument horrible, c'est le fait que plus de 6 500 (84%) de ces décès étaient des résidents de foyers de soins de longue durée privés à but lucratif. Vous n'avez pas besoin d'être un statisticien pour réaliser qu'il y a clairement un problème ici.


La COVID-19 s'est avéré avoir un impact dévastateur sur les soins privés à but lucratif. Partout en Ontario, les gens sont deux fois plus susceptibles de mourir si, pendant une éclosion, ils vivent dans un foyer de soins de longue durée (SLD) à but lucratif au lieu d'un foyer sans but lucratif.

Pendant des décennies, les gouvernements conservateurs, de Doug Ford et Mike Harris avant lui, se sont décidés à privatiser des services payés avec des fonds publics. Cela comprend les SLD et les soins de santé dans la mesure du possible. Beaucoup de gens sont responsables de l’état actuel de notre système de santé. Les libéraux ont certainement suivi la marche des conservateurs vers la privatisation. En fait, j'avoue que mes collègues néo-démocrates et moi n'avons pas réussi à les faire changer de direction.


À l'heure actuelle, les Ontariens se concentrent sur ce que nous devons faire pour surmonter cette terrible pandémie. Et c'est en ce moment même que Ford veut confier la responsabilité de la gestion de nos soins de santé et soins aux personnes âgées à des sociétés privées à but lucratif.

Peu de temps après son entrée en fonction, le gouvernement Ford a sciemment affaibli la réglementation concernant l'inspection des installations de SLD. Les néo-démocrates et de nombreux autres groupes concernés ont averti que c'était une recette pour un désastre. Demandez-vous quel est l'objectif principal de n’importe quelle entreprise? Il n'y a pas mille raisons – ils sont là pour les profits, tout simplement.


En vertu de la législation actuelle, les futurs patients recevant des soins à domicile et des SLD sont évalués par l'un des 14 réseaux locaux d'intégration des services de santé (RLISS) financés par l'État pour déterminer si les individus sont admissibles à une certaine forme de soins à domicile ou de SLD. Si elle est adoptée, la nouvelle législation de Ford confierait entièrement la responsabilité de l’évaluation et de l’attribution des soins à domicile ou des services de SLD aux entreprises à but lucratif. Entreprises qui se concentreraient principalement sur les opportunités de maximiser leurs profits aux frais des travailleurs et des patients.


Il semble que ce ne soit pas une coïncidence si, tout d'un coup, au milieu de la confusion de cette pandémie, Doug Ford décide que c'est le bon moment pour bouleverser totalement nos programmes de soins à domicile et de SLD avec la Loi sur les soins de connexion (projet de loi 175). Maintenant, alors que tout le monde se concentre sur la réouverture de la province, Ford utilise cette distraction pour accélérer les changements législatifs qui remplaceront totalement le système actuel. Et il le fait sous prétexte de convaincre les Ontariens qu'il a vu la lumière et qu'il va prendre des mesures immédiates pour protéger les aînés des SLD et améliorer nos programmes de soins à domicile.


Les conservateurs ont précipité le projet de loi 175 en première et deuxième lectures à l'Assemblée législative en seulement 10 jours. Il a été rapidement débattu afin que les intervenants, les familles et les experts se concentrent sur d'autres questions urgentes à portée de main et n'aient pas le temps d'étudier le projet de loi pour comprendre et commenter ses implications. Sans pression du public, le projet de loi 175 sera adopté avant que quiconque puisse organiser toute forme de débat à l'Assemblée législative ou de participation du public.


Les néo-démocrates envisagent un système dans lequel chaque dollar est consacré aux soins et à la qualité de vie, et non aux marges de profits. Lorsque les travailleurs de la santé reçoivent un salaire décent, avec des avantages sociaux et une pension qui reflètent leur valeur, ils peuvent prendre le temps d'interagir avec les résidents et de prodiguer d'excellents soins. Nous envisageons un système où les petites maisons ancrées dans des communautés étroitement liées, culturellement sensibles et engagées sont accessibles à tous, quelle que soit leur capacité de payer.


La porte-parole du NPD en matière de santé, France Gélinas, note que dans un système dans lequel les contrats sont attribués uniquement sur la base de l'offre la plus basse, vous pouvez être certain que cet entrepreneur ne paiera que le salaire minimum et le limitera au travail à temps partiel afin qu'il n'ait pas à payer d'avantages sociaux ou verser une indemnité de maladie. Ces possibilités d'emploi n'attireront pas les travailleurs de la plus haute qualité. En conséquence, la qualité des soins fournis par les préposés aux soins et les travailleurs de SLD sera inférieure.

Gélinas a proposé pas moins de 20 amendements dont:


• Améliorer les conditions de travail des préposés aux services de soutien à la personne qui dispensent des soins à domicile

• Supprimer les profits des soins de santé

• Assurer la responsabilité et la transparence sur la façon dont les organisations dépensent les fonds publics pour la santé


• Garder la Charte des droits des patients inscrite dans la loi

Les conservateurs ont rejeté tous les amendements proposés par le NPD. Au lieu de se joindre à nous dans la lutte pour de meilleurs soins, les libéraux ont choisi de s'asseoir sur leurs mains et de s'abstenir de voter sur la suppression des profits dans les soins de santé.


Comme toujours, n'hésitez pas à communiquer avec mon bureau au sujet de cette chronique ou de toute autre affaire provinciale. Vous pouvez joindre mon bureau de circonscription par courriel à mmantha-co@ndp.on.ca ou par téléphone au 705-461-9710 ou sans frais au 1-800-831-1899.


Michael Mantha, député

Algoma-Manitoulin